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NOTE  

Je voudrais préciser que le but de cette analyse n’est pas de discréditer les tests existants  ou de minimaliser leur valeur mais de connaître leurs limites pour mieux les interpréter.

Il faut préciser aussi qu’il n’y a pas de test parfait pour la vision des couleurs, mais chaque test présente certains avantages et  aussi, certains inconvénients par rapport à d’autres tests. L’important c’est de faire l’usage du test dans le but pour lequel il a été conçu.

Le fonctionnement des tests pigmentaires pour la vision des couleurs


Pour comprendre le fonctionnement des tests pigmentaires il faut comprendre la façon dont les daltoniens voient les couleurs. Voici le minimum des notions sur les couleurs pigmentaires.

Il y a plusieurs systèmes chromatiques mais c’est le système de Munsell qui semble le mieux adapté pour la compréhension des tests chromatiques.

Munsell a représenté l’ensemble des couleurs sous la forme d’un ballon de rugby, assez déformé (fig. 1) Chaque couleur est représentée par trois paramètres :

1. « Value », c’est la luminosité de la couleur représentée sur l’axe vertical central et qui est divisée en 10 niveaux entre noir - représenté en bas et blanc – représenté en haut. (fig. 2).

2. « Hues », c’est la teinte de la couleur, ou les tonalités qui sont représentées sur la circonférence. Les tonalités sont divisées en 10 groupes notés par des lettres et chaque groupe est divisé en 10, noté par un chiffre (fig. 3). Par exemple, la couleur R5 représente la tonalité rouge échelon 5.

3. « Chroma » c’est la saturation de la couleur qui est représentée sur le rayon (fig.2).  Le nombre des niveaux de saturation sont variables selon chaque tonalité car ils respectent des intervalles sensoriels égaux.



Le système chromatique de Munsell

Il y a 3 paramètres pour définir une couleur pigmentaire : tonalité, saturation et luminosité. La luminosité est un facteur « achromatique », car c’est le paramètre qui place la couleur sur une échelle de gris. Dans le cadre d’un trouble de la vision des couleurs, ce sont les deux premiers paramètres qui sont altérés. Les daltoniens sont d’ailleurs très performants pour différencier les niveaux de gris car c’est  le seul élément qui n’est pas altéré par leur pathologie et c’est le seul élément qu’ils exploitent pour différencier les tonalités qu’ils ne perçoivent pas comme le rouge et le vert.

Pour qu’un test pigmentaire puisse fonctionner il est indispensable d’éliminer le facteur luminosité. Il y a deux possibilités pour le faire :

Pour éliminer le facteur luminosité, pratiquement toutes les planches pseudo-isochromatiques présentent chaque tonalité en deux ou trois niveaux de luminosité. De cette façon la lecture de la planche devrait se faire sur les tonalités des couleurs. Il est intéressant de savoir la façon dont les daltoniens voient les couleurs pour comprendre le fonctionnement d’une planche de l’album d’Ishihara.

Il y a deux notions spécifiques à définir au spectre chromatique d’un daltonien :

Le spectre d’un daltonien (je fais référence ici à un daltonien dichromat) est séparé par une zone neutre (une zone gris) en deux couleurs – jaune et bleu, les seules couleurs vues par les daltoniens d’une façon identique que les trichromates normaux. Pour les daltoniens qui vont lire ce texte je précise que pour une personne avec une vision chromatique normale la différence entre rouge et vert est aussi grande que la différence entre jaune et bleu. Et les différences ne s’arrêtent pas là, car toutes les couleurs intermédiaires sont différentes. L’orange, mélange de rouge et jaune est pour un daltonien mélange de gris et de jaune. Le vert–jaune, est pour le daltonien mélange de gris et de jaune. C’est à dire que pour un daltonien, l’orange est identique avec le vert–jaune.

Il en est de même pour les couleurs violet et bleu–vert qui, pour un daltonien, ne sont que du bleu-gris.

En conclusion : Pour une personne normale, le spectre chromatique est composé d’environ 150 tonalités différentes, ce que vous voyez sur la circonférence du diagramme,  pour un daltonien dichromat est composé seulement de deux couleurs, jaune et bleu, le reste est mélange de ces deux couleurs avec du gris

Le daltonien fait  très bien la différence entre deux couleurs qui se trouvent sur deux axes parallèles avec l’axe de la zone neutre, mais toutes les couleurs qui se trouvent sur le même axe sont identiques.

La différence entre les dyschromates d’axe protan et ceux d’axe deutan consiste dans le positionnement de la zone neutre dans le spectre chromatique et les zones de saturation maximales. Les deux images plus bas représentent le spectre chromatique (sans les niveaux de luminosité) vues par les deux catégories.  

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Vision chromatique normale

Spectre chromatique d’un daltonien dichromat

Protan

Deutan

Protan

Deutan

Pour un Protanope la zone neutre se trouve entre les couleurs rouge-géranium et vert-bleu et les zones de saturation maximale dans le jaune-citron et bleu-marine.

Pour un Deuteranope la zone neutre se trouve entre les couleurs magenta et vert et les zones de saturation maximale dans le jaune-orange et bleu-cyan.  

Le spectre chromatique d’un dichromat d’axe tritan présente une zone neutre entre les couleurs jaune-vert  et le violet. Il a les zones de saturation maximale dans les couleurs rouge-vermillon et bleu-vert.

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Spectre chromatique d’un protanop

Spectre chromatique d’un deuteranop

Protan

Deutan

Spectre chromatique d’un tritanop

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Les zones neutres et les zones de saturation maximale d’un tritanop

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Tritan

Tritan

Le fonctionnement des tests de classement 

Les tests de classement ont été développés par Farnsworth, il y a 60 ans environ, avec des couleurs issues de l’atlas de Munsell. Les tests de classement sont composés des couleurs sous forme de pastilles mobiles qui devrait être classées dans l’ordre de leur tonalité à partir d’une couleur donnée. Les couleurs qui composent le test se différencient seulement par leur tonalité car elles ont la même saturation et la même luminosité.

Il y a deux types de confusions possibles dans le classement des pions :

1. Confusion sur des axes parallèles avec l’axe de dyschromatopsie. C’est le cas des tests où toutes les couleurs du spectre chromatique sont mises dans le même plumier : test 15 Hue de Farnsworth, 15 Hue désaturé de Lanthony,  test 28 Hue de Roth,

2. Confusion de voisinage entre des couleurs de tonalités très proches qui se trouvent dans les zones de saturation maximale à condition que les espaces chromatiques entre les couleurs soient suffisamment étroites et que des couleurs qui se trouvent sur les axes des dyschromatopsies ne se trouvent pas dans le même plumier, comme le test 100 hue de Farnsworth.

L’intérêt de ces tests est de reconnaître à première vue le type de dyschromatopsie grâce à la représentation des résultats par des schémas visualisant les axes de confusion. De plus, le test 100 Hue de Farnsworth permet de quantifier la profondeur des déficits.  

Ces tests ont suffisamment de souplesse pour pouvoir mettre en évidence des troubles de la vision des couleurs d’une façon personnalisée par rapport aux planches pseudo-isochromatiques où les couleurs qui devraient être confondues sont choisies par avance et donc figées. Mais le revers de la médaille c’est que parfois, ils ont une variabilité entre un examen et un autre qui pourrait être interprété différemment.

Il est indispensable de surveiller le patient pendant l’examen car chaque élément est important pour l’interprétation des résultats.

Il faut préciser que l’expérience de l’examinateur est beaucoup plus  nécessaire pour l’interprétation des tests de classement que l’examen des planches pseudo-isochromatiques.

Tous les tests de classement cités ont été conçus avec des couleurs de l’album de Munsell.  L’image présentée plus bas est une page de l’album de Munsell qui représente la couleur « rouge 5 » avec tous les niveaux de luminosité et saturation par des intervalles de deux.   Farnsworth utilise les niveaux de luminosité et saturation 5 et Lanthony, utilise le niveau de saturation 2 et le niveau de luminosité 8.



Niveau de luminosité et saturation du

test 15 Hue désaturé de LANTHONY

Niveau de luminosité et saturation des

tests 15 Hue  et 100 Hue de FARNSWORTH

Page de l’album de Munsell qui présente la tonalité « rouge 5 » avec les niveaux de luminosité et saturation.


Il faut mentionner que dans le but d’améliorer la durée du test 100 Hue de Farnsworth, on a beaucoup essayé de modifier le nombre des pions. C’est de cette façon que Roth, en France, a éliminé deux pions sur trois pour garder seulement 28, et Ohta au Japon, a éliminé un pion sur deux pour garder 40. Malheureusement, ces tests, ce qu’ils ont gagné en rapidité, ont perdu  en sensibilité. Le test 28 de Roth s’exécute avec un seul plumier et permet les deux types de confusions : sur les axes de confusions mais aussi des confusions de voisinage ce qui rend le test parfois difficilement interprétable.